Pourquoi la FDA interdit le N-acétyl-cystéine (NAC), un supplément utilisé depuis des années par des médecins pour protéger des complications respiratoires dans les infections virales ou bactériennes

Disponible en vente libre aux É-U depuis plus de 50 ans, la FDA dans le cadre d'une répression fédérale des approches non pharmaceutiques de la gestion du COVID-19, a révisé sa classification du NAC qui est maintenant interdit de vente comme supplément

 

Par Jean-Pierre Demets
de l'Académie de Naturopathie T.I.

 

Mise à jour le 24/09/2021 | Publié le 24/09/2021

Le N-acétyl-cystéine (NAC) un supplément utilisé depuis des années par des médecins pour protéger des complications respiratoires dans les infections virales ou bactériennes

Il y a onze ans, en 2010, dans une chronique je mentionnais un supplément pouvant être envisagé dans une stratégie de protection à long terme, c'est-à-dire que l'on peut consommer ce supplément du début à la fin de l'hiver ou lors d'une période d'épidémie.

 

Un supplément utile en prévention, mais également comme traitement d'appoint lorsque l'affection virale touchera les voies respiratoires.

Ce supplément, le N-acétyl-cystéine, ou NAC, est la forme stable et complémentaire de l'acide aminé cystéine un élément indispensable de la synthèse par l'organisme du premier antioxydant du corps : le glutathion.

Dans le monde médical conventionnel, le NAC est principalement utilisé pour sauver des personnes de la toxicité de l'acétaminophène. Si vous faites une surdose de Tylenol et que vous consultez un médecin dans les 8 heures, il vous donnera une forte dose de NAC pour sauver votre foie et votre vie.

En augmentant les réserves de glutathion dans le foie. Le glutathion se lie au métabolite toxique du Tylenol et le rend inoffensif, mais il ne dure pas éternellement. Une forte dose d'une toxine majeure comme le Tylenol est suffisante pour épuiser les réserves de glutathion. Le NAC fournit la matière première pour la production de glutathion.

Le glutathion est le détoxifiant principal , une ligne de défense majeure contre les agents mutagènes, cancérigènes et inflammatoires. Il contrôle des centaines de protéines dans le corps.

Il protège également des lésions pulmonaires et maintient la fonction respiratoire, notamment dans le cadre des maladies respiratoires infectieuses.

Dans la bronchite et la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC), les poumons perdent du glutathion et accumulent trop de mucus, ce qui réduit leur fonction et rend la respiration plus difficile. Lorsque vous prenez du NAC dans cette situation, il reconstitue le glutathion pulmonaire et fluidifie le mucus.

Le résultat est que les patients atteints de bronchite qui ont pris du NAC, au cours des 3 à 6 mois précédents, présentent des taux plus faibles d'« exacerbations » (épisodes d'aggravation) et voient leurs symptômes s'améliorer. Il en va de même pour les patients atteints de maladie pulmonaire obstructive chronique, qui suivent un traitement de NAC pendant un an ; ils bénéficient d'une capacité pulmonaire améliorée.

 

Résistance à la grippe

Une étude chez des personnes âgées a donné des résultats remarquables. Les sujets ont été randomisés dans l'un des deux groupes. Le premier groupe a reçu un placebo. Le deuxième groupe a reçu 600 mg de NAC, deux fois par jour, pendant 6 mois. Au cours de l'étude, ils ont suivi les symptômes « de type grippal » dans les deux groupes, constatant que le groupe prenant le NAC en avait beaucoup moins que le groupe placebo. Ensuite, ils ont testé les sujets pour les anticorps antigrippaux et ont constaté que les deux groupes avaient des taux de séroconversion égaux. Les deux groupes étaient également susceptibles d'avoir contracté la grippe au cours des 6 mois, mais seulement 25 % du groupe NAC infecté ont présenté des symptômes contre 79 % du groupe placebo infecté qui présentait des symptômes.

 

Le NAC et la pandémie de Covid-19

Plusieurs médecins préconisent la consommation du NAC en prévention, afin de réduire les effets inflammatoires respiratoires qui mènent à l'hospitalisation en soins intensifs, à l'intubation.

Un de ces médecins est le Dr Seheult qui est actuellement professeur agrégé de clinique à la Riverside School of Medicine de l'Université de Californie et professeur adjoint de clinique à la School of Medicine and Allied Health de l'Université de Loma Linda . Il travaille également comme médecin de soins intensifs comme pneumologue au Beaver Medical Group. Il était auparavant directeur des services de soins intensifs au San Gorgonio Memorial Hospital

.

Le Dr Seheult a créé une chaîne YouTube destinée aux étudiants et professionnels en médecine. Néanmoins cette chaîne a connu un succès fulgurant depuis la crise du Covid-19, grâce à la clarté et la pertinence des informations transmises par le Le Dr Seheult sur cette chaîne qui revendique plus de 100 millions de vues jusqu'à présent: MedCram sur YouTube.

Dans un épisode consacré aux mesures préventives accessibles à la population, le Dr Seheult fait un exposé très détaillé sur la manière dont le NAC protège des complications respiratoires du Covid-19. Il est possible de voir cet épisode sur YouTube (en anglais).

 

En vente libre aux États-Unis depuis plus de 50 ans, la FDA décide brusquement que le NAC ne peut plus être légalement commercialisé en tant que complément alimentaire.

Un nombreux public aux États-Unis a eu connaissance des recommandations de ces médecins concernant le NAC, en compléments d'autres nutriments tels que le zinc, la vitamine D et la quercétine, comme stratégie de protection contre le Covid-19. Bien entendu, suite à ces recommandations, les ventes de NAC ont considérablement augmenté aux É-U et cela a sans doute motivé l'intervention de la FDA. Rappelons que le discours officiel des agences de santé est qu'il n'existe aucun traitement pour se protéger ou soigner le Covid-19.

En juillet 2020, la FDA a envoyé des lettres d'avertissement à des entreprises spécifiques indiquant que la N-acétyle-L-cystéine (NAC) ne peut pas être légalement commercialisée en tant que complément alimentaire.

La FDA a conclu que les produits de suppléments contenant du NAC sont maintenant exclus de la définition des compléments alimentaires.

En d'autres termes, l'agence revient à une position selon laquelle le NAC est un ingrédient pharmaceutique, sur la base d'une approbation il y a près de 60 ans. Ceci malgré le fait que la FDA et d'autres régulateurs ont tacitement autorisé son utilisation dans les suppléments pendant 5 décennies.

Avec cette décision, la FDA retire cette molécule du marché des suppléments naturels afin de permettre un accès exclusif à l'industrie pharmaceutique, sous forme de nouveaux produits brevetés, et donc vendus beaucoup plus cher.

L'impact de la décision de la FDA a été considérablement amplifié en mai, lorsque Amazon a annoncé son intention d'éliminer tous les suppléments contenant du NAC de ses étagères numériques aux É-U.

Certains dans le domaine des suppléments naturels voient cela dans le cadre d'une répression fédérale plus large des approches non pharmaceutiques de la gestion du COVID-19.

Depuis le début de la pandémie, la FDA et la Federal Trade Commission (FTC) ont été cohérentes dans leur position selon laquelle il n'y a pas de médicaments approuvés pour traiter le COVID-19, et certainement pas de suppléments pour lesquels des allégations antivirales peuvent être faites.

Ces agences fédérales ont publié conjointement des centaines, voire des milliers de lettres d'avertissement et de menaces aux entreprises, ainsi qu'aux praticiens faisant des allégations concernant l'utilisation de compléments naturels contre le COVID-19.

 

Malgré cela, plusieurs études cliniques sont en cours sur l'utilisation du NAC dans le cadre des soins du COVID-19

Il y a pourtant actuellement au moins 17 études cliniques concernant l'utilisation du NAC dans le contexte des soins du COVID-19 répertoriées dans le registre des essais cliniques du gouvernement américain. Cela comprend une étude de haut niveau actuellement en cours au Memorial Sloan Kettering Cancer Center impliquant 84 patients à haut risque atteints de COVID-19, traités avec des formes pharmaceutiques inhalées ou intraveineuses de NAC.

D'autres, comme une étude COVID-19 sur 64 patients au Baylor College of Medicine , utilisent des suppléments de NAC sous forme de capsules.

 

Le NAC, un outil de prévention en complément d'autres mesures

En conclusion il est important de signaler que le NAC n'a pas la propriété de vous éviter une infection du Covid-19, mais qu'il peut faire partie d'un ensemble de mesures de prévention des complications facilement accessible à tous. Consommer préventivement du NAC avec d'autres suppléments nutritionnels, et d'autres mesures de précautions peut être une stratégie de prévention efficace, sans danger, et accessible à tous.

Ce supplément est toujours en vente libre, comme supplément nutritionnel, au Canada, d'autres pays et sur Internet.

Pour en savoir plus sur ce sujet de la prévention des affections respiratoires dans les infections virales, de l'utilisation du NAC et d'autres suppléments naturels, je vous conseille de lire ma chronique: Comment se protéger des affections respiratoires, lors d'une infection virale de la grippe, d'infections à coronavirus, tels que rhumes et autres pathogènes respiratoires.

 

À lire également

Le Roi des antioxydants est fabriqué par l'organisme: le glutathion

 

Études en cours concernant l'utilisation du NAC dans les cas de Covid-19 :

Une étude de la N-acétylcystéine chez des patients infectés par le COVID-19

Glutathion, stress oxydatif et fonction mitochondriale dans COVID- 19

 

Études anciennes sur le NAC et les complications respiratoires:

N-acetylcystein in the therapy of chronic bronchitis

Multifaceted activity of N-acetyl-l-cysteine in chronic obstructive pulmonary disease

The effect of oral N-acetylcysteine in chronic bronchitis: a quantitative systematic review

 

Dr Seheult sur YouTube:

Coronavirus Pandemic Update 69: "NAC" Supplementation and COVID-19 (N-Acetylcysteine),

 

 

Envoyez à un amiEnvoyer à un ami

 


A LIRE ÉGALEMENT